Les 500 parrainages, une course de longue haleine





Vendredi, jour pour jour, nous étions à un an du premier tour de l'élection présidentielle. 365 jours qui relèvent de la course d'obstacle pour tous les prétendants à l'Élysée. Notamment pour les apprentis candidats qui ne peuvent pas s'appuyer sur des troupes d'élus pléthoriques.

Tous les prétendants doivent répondre à plusieurs conditions pour que leur dossier soit recevable devant le Conseil constitutionnel. Ils doivent être de nationalité française, inscrits sur les listes électorales et âgés d'au moins 23 ans. Ils doivent également faire preuve de "dignité morale", sans que la loi ne précise exactement ce que cela implique, et avoir répondu aux obligations relatives aux textes sur le recrutement de l'armée (mais pas forcément avoir effectué leur service militaire du temps où il existait).

Des "promesses" de signatures


Les candidats doivent par ailleurs remplir trois formalités: transmettre une déclaration de patrimoine, présenter des comptes de campagne dans les deux mois qui suivent l'élection et recueillir le parrainage de 500 élus.
C'est sur ce dernier point que les prétendants à l'Élysée en 2012 peuvent - et pour beaucoup doivent - se mettre d'ores et déjà au travail. La loi organique de 1976 qui définit ce processus stipule qu'un candidat "doit obtenir 500 signatures de membres du Parlement, des conseils généraux, du Conseil de Paris, des assemblées territoriales des TOM ou de maire". Depuis, les conseillers régionaux ont été ajoutés à la liste des parrains potentiels.

Deux autres conditions sont fixées: les parrainages doivent provenir d'au moins 30 départements et territoires d'outre-mer différents et chacun de ces territoires ne peut pas fournir plus d'un dixième des parrainages, soit 50 par département.

En pratique, plus de 46.000 élus peuvent apporter leur signature à un candidat dans cette procédure qui donne parfois des sueurs froides aux états-majors. Si les candidats des partis parlementaires n'ont jamais eu de problèmes à recueillir leurs signatures, pour ceux des plus petites formations, la procédure demande de s'y prendre tôt et de prévoir large. Notamment en recueillant des "promesses" de signatures en attendant que le recollement officiel soit lancé, au début de l'année 2012.

Or ces promesses ne se transforment pas toujours en signatures en bonne et due forme. Les colères répétées de Jean-Marie Le Pen sur la difficulté pour lui de réunir ses parrainages appartiennent à l'histoire de la Ve République. En février, Marine Le Pen expliquait à son tour ne pas "être certaine" d'avoir ses 500 signatures.
Le Front national n'est pas le seul parti a se plaindre régulièrement du relèvement de 100 à 500 parrainages opéré en 1976 pour limiter le nombre de candidatures. Comme de la décision de rendre publique la liste des élus ayant accordé leur parrainage, qui peut les dissuader d'apporter leur signature à certains candidats.

Le MoDem pourrait ne pas y arriver


En raison de ces règles, la spéculation sur la capacité des uns et des autres à obtenir ses parrainages est devenue un sport national chaque année précédant le scrutin présidentiel. À l'extrême gauche, pourtant, Arlette Laguiller a toujours eu ses parrainages depuis 1974. En 2007, il y avait même deux autres candidats trotskistes alors même que le PS, échaudé par le 21 avril 2002, avait menacé de sanctions ceux de ses élus qui leur accorderaient leur signature.

Pour 2012, c'est au centre et à droite que les candidats auront peut-être le plus de difficultés. Ainsi le ministre centriste Maurice Leroy, ancien compagnon de route de François Bayrou, estime que le président du MoDem pourrait ne pas y arriver, en soulignant la "désagrégation" du MoDem dans les territoires.
Autre potentiel requérant, Dominique de Villepin a commencé la "chasse aux signatures". "Nous avons lancé des agents recruteurs dans chacune de nos fédérations", explique la secrétaire générale de République solidaire, Brigitte Girardin.

Échaudé par son expérience malheureuse en 2007 - "il ne m'avait manqué qu'une poignée de signatures" -, Nicolas Dupont-Aignan a commencé lui aussi à téléphoner aux maires et aux élus "pour prendre la température". Et le président de Debout la République se montre "très optimiste" pour 2012.
Verdict dans un an.


Source: Le Figaro